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03/02/2015

Qualité des produits alimentaires et réalité économique : Interview de Vincent Laarman

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Diplômé de l'École Supérieure de Commerce de Paris et de la filière économique de l'Université de Berlin, Vincent Laarman est fondateur et responsable d'entreprise. Portant un regard aiguisé sur l'actualité économique du pays, il aborde le sujet des impôts, des entreprises du secteur alimentaire et de la qualité des produits proposés aux consommateurs. Vincent Laarman dresse un constat sur les raisons et les conséquences de la hausse des impôts, sur les TPE, les PME et les grandes sociétés françaises.

 

Quel lien faites-vous entre la hausse des taxes sur les entreprises et la qualité des produits mis sur le marché ?

 

Vincent Laarman :

Constatant qu'un grand nombre de sociétés françaises réalisent encore des bénéfices alors que le pays est en situation de crise économique depuis plusieurs années maintenant, certains sont tentés de proposer une augmentation des taxes sur les sociétés. Ceci dans le but de réinjecter une partie des recettes afin de soulager les plus nécessiteux. Or ce raisonnement n'est pas fondé. En effet, si les entreprises subissent des hausses d'impôts, elles vont rééquilibrer leurs comptes en augmentant le prix de vente de leurs produits et/ou en diminuant leurs coûts de production. Ce qui va avoir un impact direct sur la qualité du produit fini.

 

Pouvez-vous illustrer votre propos ?

 

Vincent Laarman :

Je peux en effet reprendre un cas très parlant pour expliquer mon raisonnement. Il s'agit de l'exemple du boulanger qui gagne 10 centimes sur une baguette qu'il vend 1 euro, les 90 centimes restant étant réservés  à ses charges et taxes. Si les impôts augmentent de 5%, il va falloir qu'il joue sur deux paramètres pour pouvoir honorer cette charge supplémentaire : augmenter le prix de vente de sa baguette et réduire ses coûts de production, en utilisant notamment une farine de qualité inférieure, voire médiocre. Le produit perd donc en qualité mais son prix augmente, résultat le consommateur est doublement sanctionné. Et ceci est également valable pour les produits non alimentaires. Donc globalement, en accroissant les impôts sur les entreprises, on impacte directement sur la qualité du service ou de l'article proposé au client.

 

Mais alors que proposez-vous ?

 

Vincent Laarman :

 

Je conseillerai tout simplement aux consommateurs de consacrer plus de temps à choisir ses aliments, si possible auprès de producteurs locaux dont ils peuvent avoir un aperçu des méthodes de production. Cultiver son potager, avoir chez soi des poules et des lapins si on a la place, est également une source d'économies, d'une activité d'extérieur ressourçante, et la garantie de produits alimentaires sain. C'est-à-dire de faire en sorte de dépendre le moins possible des commerçants. Ils peuvent par exemple choisir de cultiver une parcelle de leur jardin ou d'un potager partagé, on en trouve de plus en plus dans les villes. C'est un bon moyen de subvenir, en totale autonomie, à ses besoins personnels. C'est une solution qui a aussi l'avantage d'offrir à chacun des fruits et légumes de bonne qualité ! Et pour ceux qui veulent aller plus loin, pourquoi ne pas installer des panneaux solaires et améliorer l'isolation de leur habitat afin d'être au maximum autonome sur le plan de la production énergétique ? Vu l'augmentation constante des tarifs du gaz et de l'électricité, il est important de prendre les devants dans ce domaine-là aussi !